PIAGET Jean (1896-1980)

Bas de page


Psychologue suisse d'expression française. Très tôt il s'intéresse à la zoologie et, adolescent, publie, dans un journal scientifique de Genève, ses observations sur les mollusques. Ceux-ci seront l'objet de sa thèse de biologie. Enthousiasmé par la lecture de LÉvolution créatrice de Bergson, curieux des divers aspects du savoir humain, Piaget se donne une formation intellectuelle alimentée à plusieurs sources. Il suit les cours d'un logicien et épistémologue réputé, Arnold Reymond, écoute les conférences psychiatriques de Bleuler et de Jung, s'initie à la psychologie expérimentale dans le laboratoire de G. Lipps et A. Wreschner et à la psychanalyse dans une clinique psychiatrique de Zurich. Enfin à Paris auprès de T. Simon, l'ancien collaborateur de Binet, la mise au point de tests et leur application aux enfants lui révèlent les possibilités d'une investigation expérimentale de la pensée enfantine.

La problématique fondamentale de Piaget se situe à la confluence de toutes ces disciplines: comment se constituent les connaissances ? L'épistémologie génétique, comprise comme l'analyse du développement des formes de la connaissance dans diverses régions du savoir, a pour ambition d'apporter des réponses. Logique et Connaissance scientifique (Encyclopédie de la Pléiade), Introduction à l'épistémologie génétique (PUF, 1949) donnent une idée des études menées et à mener dans ce domaine. L'examen des diverses structures cognitives - psychologiques, logiques, mathématiques, cybernétiques, etc. - requiert un travail interdisciplinaire. À cet effet est créé en 1955 à Genève le Centre international d'épistémologie génétique.

Les diverses épistémologies - du nombre, de l'espace, du temps, etc. renvoient à une psychogenèse et tout particulièrement à l'étude des structures cognitives selon les âges de l'enfant. Ces analyses conduisent Piaget à une conception opératoire du développement enfantin. Celui-ci est un processus continu avec des stades qui en marquent sans brusquerie les transitions. Par là, Piaget s'oppose à Henri Wallon (1879-1962) qui met l'accent sur une certaine discontinuité: le passage de l'intelligence sensorimotrice à la pensée discursive s'effectue par un processus jalonné de crises, dont la plus connue est celle des trois ans.

Même si on reproche à la psychologie piagétienne de ne pas établir des règles universelles mais seulement valables dans un milieu social donné - voir la critique de Vygotski -, les travaux de Piaget ont marqué la science psychologique du XXe siècle. Outre ses fonctions d'enseignement - l'histoire de la pensée scientifique en 1929 à Genève, la sociologie à Lausanne en 1936, la psychologie à Neuchâtel, à Genève, puis à Paris de 1952 à 1963 - Piaget dirigea en 1929 le Bureau international de l'éducation, en 1932 l'Institut Rousseau aux côtés de Bovet et de Claparède, en 1955 le Centre international d'épistémologie génétique. Parmi ses nombreux ouvrages de psychologie de l'enfant citons: Le Langage et la pensée chez l'enfant (1923), Le Jugement et le raisonnement chez l'enfant (1925), La Représentadon du monde chez l'enfant (1926), Le Jugement moral chez l'enfant (1932), La Naissance de l'intelligence (1947).

BIBLIOGRAPHIE
J. Piaget L'épistémologie génétique, PUF, sais-je?, 1970.
J. Piaget, Mes Idées, Propos recueillis par R-1. Evans, Denoël-Gonthier, 1977.
J. J. Ducret Jean Piaget: biographie et parcours intellectuel, Delachaux et Niestlé, 1990.

Retour page Piaget | Aide | Contact | Liens | Haut de page